Moi aussi je suis bonne

Posted on 29 mars 2012 par

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Trouver un stage, une alternance, un emploi. Quelle douce sinécure.

Trouver un job, c’est enfantin. Il suffit de savoir se vendre. Et qu’est ce qui fait vendre de manière inconditionnelle et absolue, que ce soit des voitures, des yaourts, des parpaings ou même des êtres humains ?

D’après Jacques Ségéla, grand maitre communiquant ès autobronzant, et ses brillantes théories telles que « si à quarante ans t’as pas de Rolex t’as raté ta vie », « je vends du bonheur (un peu) artificiel » ou « Audrey Pulvar est une salope », ce qui fait vendre à tous les coups, c’est…

LE SEXE ET LA VULGARITE

De rien.

Quand le CV, si bien rempli soit il ne suffit plus, il faut sortir l’artillerie lourde, envoyer le bouzin. Allons-y joyeusement à grand coups de soutifs apparents et d’expressions douteuses. Pourquoi changer une recette qui gagne ? Pourquoi ne pas continuer à l’ancienne, dans la vielle marmite à maman, celle qui fait les meilleures confitures ? Vous croyez que Brandt a vendu des millions de lave-linges en  prônant l’égalité des sexes et la parité dans le partage des tâches ménagères ? Ce serait sur estimer la disponibilité de nos cerveaux abrutis de télé que de penser une chose pareille.

Trouver un travail ? Rien de plus simple, il suffit d’être bonne. En quoi, on s’en fout. Etre une fille « jolie et tout » suffit.  On sait pas trop ce que veut dire le « et tout », mais on espère qu’il  sera question de cafetière, de photocopieuse et du canapé qui se trouve dans le bureau du patron.

jesuisbonne.fr: on était au bord du gouffre, on a fait un grand pas en avant

Tu n’es pas jolie et tout ? Aucun problème, tant que tu as des poils au menton et un gros paquet. De compétences, certes. Mais là encore, on espère implicitement que dans le gros paquet, on peut aussi trouver des mains aux fesses des secrétaires, des blagues graveleuses et des rires gras. Rien de tel que des poils et une grosse bite pour s’insérer dans le monde du travail. Pour être recruté, faut être un homme, un vrai (Si un jour vous trouvez un faux hommes, n’oubliez pas de contacter la douane la plus proche. Ne l’oublions pas, la contrefaçon est un délit). Le cerveau passe après, parce que comme dit ma maman, “le bon dieu a fait un cerveau et un pénis à l’homme, mais il ne lui a pas donné assez de sang pour irriguer les deux à la fois”*

D’aucuns diront que je n’ai aucun humour, ou que je suis frustrée parce que mon CV, c’est un bête document open office en comic sans ms. Je concède volontiers être une vielle conne féministe et frustrée (c’est comme ça d’ailleurs que s’intitule le sus-nommé CV). Mais à un moment donné, notre vie de précaire ressemble déjà suffisamment à la piste aux étoiles. Jongler tout les mois avec quatre sous. Mettre sa tête dans la gueule du lion entre les coups de fils des banquiers, les candidatures spontanées sans suite et les candidatures à code ROME sans suite non plus. Faire de la prestidigitation en envoyant sa déclaration de ressources à la CAF en espérant faire sortir le lapin APL du chapeau. On va pas non plus se transformer en clown pour épater la galerie avec des blagues potaches guère plus haut que la ceinture.

Tiens, d’ailleurs, étant donné que je prône le “faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais”, je tiens à signaler à un éventuel recruteur que je fais du 90C.

*Vanne sponsorisée par le Comité Pour la Parité des Blagues Sexistes

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