Prends tes claques et tais toi

Posted on 27 février 2012 par

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Joséfine en a raz la casquette… ça se comprend, non? Espéront que ça aille un peu mieux après avoir vidé son sac…

Parfois, quand j’y pense (oui, des fois ça m’arrive), la recherche d’emploi et la précarité s’apparente à tendre ses fesses, à subir et à ravaler sa fierté.

Nous pensions toutes et tous à nous en sortir. Nos familles pensaient – plus ou moins sincèrement – qu’avec notre bac + 15, nous nous en sortirions haut la main. Elles avaient raison. Ben oui, les études, c’est un investissement personnel et financier : pendant que les autres bossent, s’amusent, nous, nous étudions. On se disait que ce sera plus facile avec un master ou un doctorat d’entrer dans le monde de l’emploi. On a accepté des contrats précaires, des stages payés (ou pas) pour enrichir notre cursus. On a accepté d’être traité comme de la merde, espérant qu’un jour nous serons à la place de ceux qui nous traitaient si mal.

bonjour, je suis un patron du cac 40, montre moi un peu tes fesses pour voir!

Finalement, à quoi est-ce que ça sert ? Aujourd’hui, j’ai l’impression de me vendre à n’importe quel prix, d’accepter de me faire humilier lors des entretiens, d’être une bonne serpillière que les recruteurs piétinent. J’ai l’impression aussi qu’on se fout de ma gueule en permanence, si bien que je n’ose même plus rêver, de peur de retomber encore plus bas.

Paye ta solitude : les gens ne te comprennent pas, les gens ne veulent plus te voir, les gens t’oublient.

Paye ton manque de confiance en toi : tu te crois incapable, tu n’oses plus rêver.

Paye ton humiliation : quoi ? Tu veux être augmenté(e) ? Tu veux un vrai contrat ? Tu veux que ton contrat soit reconduit ? Tu veux un temps plein en plus?

Ne sommes-nous pas que des corps qu’on abîme, qu’on exploite ? On les paye au lance-pierre après les avoir usés. Pas de remerciement, pas de mot gentil. C’est même à nous de les remercier d’avoir bien voulu nous recevoir. On profite de notre détresse, de notre précarité. On se prépare, on se déplace, on espère, on nous fait miroiter pour nous faire comprendre que c’était une blague.

Putain. J’ai 25 ans et je n’y crois déjà plus. J’ai compris à quoi je servais : de souffre douleur de recruteurs peu scrupuleux, d’être malveillants qui me cassent et m’abîment un peu plus chaque jour. Le travail n’est pas la délivrance, ce n’est pas non plus la liberté, encore moins la santé (suicides, usure du corps et de l’esprit). C’est se faire p(r)endre, avoir mal, l’avoir bien profond et essuyer ses larmes. L’être humain est devenu une ressource inépuisable (nous sommes 7 milliards) devenu esclave de quelques gros lards riches qui ont convaincu qu’il fallait se prostituer pour vivre. Il n’est même plus possible de poser sa tente sur un terrain qui appartient à personne et de cultiver ses légumes pour vivre. Non, tu dois bosser (in)directement pour ces gros du CAC 40. Eux s’enrichissent pendant que toi tu t’appauvris.

Tends tes fesses, travaille, galère et crève.

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