Faut-il regretter ses choix ?

Posted on 12 janvier 2012 par

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L’éternel dilemne: faire des études qui nous passionnent mais qui risquent de nous précipiter dans la précarité? Ou faire des études bien sécure qui risquent de nous précipiter dans l’ennui mortel voire la déprime absolue? Clothilde se pose la question, et nous aussi

J’ai 24 ans, j’habite à Paris et je viens de terminer mes études. Six ans d’études universitaires passionnantes dans un domaine dont je savais pertinemment qu’il n’offrait pas beaucoup de débouchés, a fortiori pas de débouchés bien payés. Cela je ne le regrette absolument pas. Tout au long de mes études, j’ai travaillé dans de petits jobs, principalement dans la grande distribution. Au bout de deux ans de CDI (à temps partiel, à côté de la fac) dans un boulot de vendeuse qui payait plutôt bien mais qui était intellectuellement plutôt déprimant, j’ai démissionné et trouvé un poste de vacataire dans l’enseignement qui me satisfaisait pleinement. Entretemps et écoutant, cette fois, uniquement la voix de la raison, j’ai intégré une formation dite professionnelle afin, précisément, d’assurer mon avenir professionnel. J’ai dû quitter mon poste dans l’éducation en cours d’année pour effectuer un stage obligatoire dans le cadre de ma formation. Ce stage s’est avéré intéressant et formateur, mais a été le point de départ d’une situation financière précaire –et de mes regrets.

Je te l'avais bien dit de ne pas faire cette formation de Marionnettiste en 5ans!

Ma formation complétée, j’ai cherché du travail. Je me suis immédiatement dirigée vers le travail indépendant en freelance car un poste d’employé de bureau ne me convient pas, to say the least. En parallèle je me suis inscrite à Pôle emploi, pensant bénéficier de petits coups de pouce du genre allocations chômage et autres gratuités (les sorties culturelles étant mon péché mignon). (A ce propos, je n’ai pour l’instant recensé que le Centre Pompidou qui propose la gratuité de ses expositions temporaires pour les chômeurs ; si vous avez d’autres plans, je suis preneuse). Quoiqu’il en soit, j’ai commencé une petite activité en freelance qui est pour l’instant très irrégulière. C’est pourquoi je cherche toujours un ou des jobs à temps partiels, du même acabit que ceux que j’effectuais du temps (béni) où j’étais étudiante, afin de continuer en parallèle une activité qui m’intéresse vraiment. En clair, je galère un peu (sinon je ne serais pas là !). Encore une fois, je savais à peu près dans quoi je m’engageais, tout en n’imaginant pas que ce serait si dur d’être privée de soutien.

Mais le coup de grâce sur mon moral et la source de la remise en question de tout mon parcours et de toutes mes envies, c’est la conclusion qui a suivi mon rendez-vous d’inscription à Pôle emploi. J’y ai appris que comme j’ai eu le malheur de démissionner des deux postes que j’ai occupés ces deux dernières années, je n’ai droit à aucune aide financière. Bon. Pour réévaluer ces droits, il faudrait que je travaille quelque chose comme l’équivalent de trois mois, je crois. Ça tombe bien, j’ai une activité et de petits revenus qui pourraient bien faire l’affaire ! Mais c’est là que le principe de réalité m’a rattrapée au passage : l’activité en freelance n’est apparemment pas considérée comme du travail par le Pôle. En tout cas elle ne tombe sous le coup du calcul des droits. Au temps pour moi et ma naïveté.

Au final, le pire, dans cette situation qui est loin d’être aussi grave que d’autres, c’est tous les doutes et les regrets qui s’ensuivent. Le doute d’être dans mon bon droit à vouloir d’abord être épanouie, à penser que cela passe obligatoirement par un boulot dans lequel je me sens bien, à imaginer que le travail ce n’est pas malgré tout pas la vie, à vouloir avoir le temps pour le reste aussi. Et les regrets de n’avoir pas fait que des choix judicieux, soupesés et calculés sur toute une vie.

Posted in: Témoignages