La fin des haricots

Posted on 5 janvier 2012 par

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Je vous avais laissé dans mon dernier billet sur mes péripéties de freelance sur une note plus ou moins d’espoir, dans laquelle j’espérais un jour réussir à obtenir gain de cause dans mon affaire de mauvais payeur, ce client qui avait utilisé mes services sans jamais me payer. Evidemment, cela aurait été trop beau pour être vrai, trop beau que je puisse enfin toucher l’argent que ce connard me devait depuis un an malgré les démarches juridiques que j’avais entrepris.

Après la fameuse injonction de payer, n’ayant pas de nouvelles de mon débiteur, j’ai donc fait une demande de titre exécutoire d’injonction de payer auprès du tribunal de commerce. Un titre exécutoire est un acte juridique constatant une créance et permettant au créancier d’en poursuivre l’exécution forcée sur les biens de son débiteur dans les conditions propres à chaque mesure d’exécution (source Wikipédia). C’est à dire que l’huissier peut procéder à une saisie des biens du débiteur pour payer le créancier.

Cet acte m’a de nouveau coûté la modique somme de 38,87 euros. Je vous rappelle que j’avais déjà déboursé 35 euros pour la demande d’injonction de payer au tribunal, puis 80 euros à l’huissier pour qu’il signifie l’acte auprès de mon débiteur. Mais je n’étais pas au bout de ma surprise quand, après avoir reçu mon titre exécutoire et recontactant l’huissier pour qu’il délivre l’acte à mon client, il m’annonce que cela me coûtera 220 euros !

De plus, il m’explique que mon client étant en société de domiciliation, c’est à dire qu’il ne possède pas de locaux mais qu’il fait héberger son adresse par une société spécialisée dans la domiciliation commerciale, il lui sera donc impossible de réaliser la saisie. Il m’explique qu’à la rigueur, si j’obtiens ses coordonnées bancaires, il pourra procéder à une saisie directe sur ses comptes. Et malgré l’aide de mon adorable banquière, il nous a été impossible de les trouver.

Et c’est alors que l’huissier m’a assené le coup fatal en me déclarant que de toute façon, d’après les infos qu’il a obtenu sur mon débiteur, je n’obtiendrai jamais mon argent et que si je loue ses services, je ne ferais qu’augmenter mes propres dettes au lieu de récupérer de l’argent. Au moins, nous noterons au passage l’honnêteté de cet huissier qui aurait pu prendre mon pognon sans vergogne…

Voici donc comment se termine mon histoire de mauvais payeur : j’ai dépensé mon fric pour récupérer de l’argent qu’on me devait pour un travail que j’ai effectué et dont je ne verrais jamais la couleur. L’état s’est servi au passage et mon débiteur s’en sort sans jamais avoir été inquiété !

Comment se fait-il qu’il soit si facile pour ces entreprises de prendre des freelances, de les faire bosser et de ne jamais les payer ?

Vous imaginez que ce client a fait la même chose avec la graphiste et certainement avec le développeur ? C’est à dire qu’il a monté son site sans rien débourser et qu’aujourd’hui, il se nourrit du fruit de nos travaux, tranquille Mimile ! Il n’y a aucune protection pour les freelances, c’est la jungle, on peut nous arnaquer si facilement que c’est à gerber !

J’ai vraiment l’impression que tout tourne à l’envers dans cette société, que les magouilleurs et autres escrocs s’en sortent haut la main, tandis que les honnêtes travailleurs s’en prennent plein la gueule et coulent à cause de ce genre d’individu sans scrupules.

L’avantage, c’est que désormais, je suis devenue extrêmement méfiante et que je rédige des contrats de mission détaillés et je demande des acomptes quand cela est possible.

Mais je suis lasse, dégoûtée, fatiguée. En ce début 2012, je suis plus que jamais précaire, car les contrats se font de plus en plus rares, j’ai perdu ma motivation, mon envie, j’en ai assez de me battre pour des sommes dérisoires, des contrats sous-payés (quand on me les paye), des missions que je suis obligée d’accepter parce que j’ai besoin d’argent mais qu’on me paye à coup de lance-pierre parce qu’on sait que j’ai le couteau sous la gorge…

J’étais déjà à deux doigts de tout plaquer, tout ne tient plus qu’à un fil… Tu le sens le retour chez Paul Emploi, tu le sens ? Parce que moi, je le sens bien, j’ai même déjà mon rendez-vous avec ma conseillère pour le 19 janvier…

Qu’est-ce qu’on va se marrer !