De fast job à real job

Posted on 19 décembre 2011 par

6


Après le fléau de la malbouffe, Tris évoque le concept du mal job… Et ben lui aussi il bouche les artères…

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais une espèce d’évidence m’a sauté aux yeux (oui je n’ai que ça à faire de mon temps libre) : le job à l’enseigne de clown est devenu un vrai métier. Et j’avoue que cela me laisse perplexe.

Il y a quelques années, prendre un boulot dans un fast-food était considéré comme un petit travail étudiant, de dépannage au même titre que le baby-sitting et les cours à domicile. Cela permettait de mettre du beurre dans les épinards voire d’acheter tout simplement les dits épinards.

bonjour, je suis conseiller en réinsertion professionnelle!

Récemment on a pu voir fleurir dans nos postes de télévision des spots de publicité, mettant en scène de jeunes diplômés, vraisemblablement d’écoles de commerce, discutant de leurs futurs emplois. Dans ce spot, une jeune femme dit avoir déjà un emploi de directrice dans la fameuse enseigne. Et le spot de se finir par une annonce disant que la dite enseigne propose de vrais jobs, avec débouchés, etc. Et là, j’avoue rester très perplexe.

Dans mon esprit, faire des frites avait toujours été un petit boulot de dépannage, souvent le bienvenu, mais je ne voyais pas comment on pouvait passer de faiseur de frites à directeur d’établissement. Je ne vois toujours pas. Ah, la publicité m’a appris qu’avec les diplômes adéquats, on pouvait. Donc, ça veut dire qu’il faut passer par une école de commerce, coûtant quand même une certaine somme, commencer par faire des frites pour avoir un jour, l’espoir d’être directeur d’une franchise participant activement à la montée de l’obésité, des maladies cardio-vasculaires et autres joyeusetés médicales. Charmant.

Est-ce que cela veut dire que l’on est dans une telle situation de crise que si on ne dispose pas des appuis nécessaires, on ne peut aspirer à rien d’autres ? Perspective guère reluisante sans mauvais jeux de mots (ceux qui ont travaillé dans des fast-foods comprendront).

Je lis les différents témoignages des uns et des autres ici, tous ont fait des études, tous font des efforts au quotidien et sont de brillants exemples de la débrouillardise et restent sur le carreau. Ou sont les débouchés ? Ou sont les perspectives de carrière ?

Certaines voix bien-pensantes s’insurgent contre le délitement de notre société actuelle, qui voit fleurir tous les mois de nouvelles émissions de télé-réalité, peuplées de jeunes arrivistes aux dents longues, inversement proportionnelles à la taille de leurs vêtements. Les wanabee famous font tout pour se faire remarquer, faire scandale, faire vendre, se comportent comme des produits marketing. Et ça marche. De parfaits inconnus, sans talents – on ne dira pas les noms – arrivent à se faire repérer, deviennent des présentateurs, des acteurs, des chanteurs.

Morale de l’histoire : montre ton cul et tu auras de quoi payer tes factures. Etonnons-nous après de la montée – toujours sans mauvais jeux de mots – de la main d’œuvre sur le marché du porno.

C’est donc tout ce que nous avons à offrir : du sexe, de la facilité, de l’arrivisme. Et si votre carrière dans le merveilleux monde des la télé-réalité ne prend pas, vous pouvez toujours vous tourner vers une école de commerce qui vous apprendra à faire des frites.

Note de la taulière: cher lecteur, tu travaille ou tu as travaillé dans un fast-food ou équivalent, le fast job te fait gagner ta croûte? Pas la peine d’appeller Delarue. C’est ici qu’il faut témoigner. Prend ton clavier et raconte nous ton expérience. Envoie là a payetonprecaire arobase gmail point com.

Posted in: opinions