Happily Ever After…

Posted on 7 décembre 2011 par

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Les contes précaires sont très loin de ceux d’Andersen… surtout celui de Murielle…

Il était une fois l’histoire d’une jeune diplômée provinciale de 24 ans qui partit à la grande ville pour trouver un travail. Elle fut « emploi jeune » à Paris et ma foi son boulot d’aide éducatrice dans une école maternelle lui plaisait énormément. Elle aimait l’équipe éducatrice qui lui rendait bien, la directrice d’école était formidable, les enfants aussi. Apres 4 ans au smic elle décida de parcourir le monde et ses 7 océans car elle savait que son poste se terminerait bientôt et qu’elle pointerait a l’anpe (c’était l’anpe a l’époque). Le travail était ailleurs.

... ou pas ...


Apres avoir visite l’Irlande et ses pubs, elle se posa en Angleterre et 2 mois après s’être installée avec son amoureux elle trouva un poste de bibliothécaire. Et puis un autre et un autre et un autre. Elle n’avait pas peur de démissionner car elle retombait toujours sur ses pieds et dans une nouvelle bibliothèque. 10 ans d’une belle vie à l’anglaise. Et puis son amoureux tomba gravement malade. La jeune diplômée était maintenant une femme plus près de la quarantaine que de la trentaine. Elle dut choisir entre le travail et s’occuper de lui. Elle le choisit. Ils décidèrent de venir en France en janvier 2011 afin que son amoureux bénéficie d’un meilleur traitement médical.
Ils s’installèrent chez sa mère. L’ex jeune diplômée s’inscrivit au pole emploi. « Vous n’avez pas droit a l’ARE car vous n’avez pas travaillé en France depuis votre retour. Et oui, malgré avoir travaillé non stop depuis la fin de ses études, elle devait trouver un travail pour déclencher les droits en France. Elle devait travailler pour avoir le droit d’être au chômage…
Ah… chercher un travail dans une petite ville de province tout en s’occupant de son amoureux très malade, les séjours à l’hôpital, et le moral dans les chaussettes. Etre forte, malgré tout. Se battre pour lui et elle.
En août 2011 son amoureux cessa la bataille. Les chances de survie étaient trop faibles, lui aussi, il choisit la mort.
L’ex jeune diplômée, était prête à sombrer mais une association amie lui proposa un CDD d’un mois pour l’aider. Elle lutte tous les jours pour ne pas sombrer, elle travaille, elle ne dort pas. Elle survit.  Après son CDD, elle se représenta au pole emploi. Et on lui dit que ce CDD était suspicieux, que son dossier allait au service des fraudes.  Qu’elle n’avait pas travaillé en France depuis 10 ans, que malgré avoir fourni tous ses bulletins de salaire, tous! depuis 1991 (quand elle faisait des petits boulots étudiants) jusqu’au dernier en janvier 2011, pole emploi doutait de sa bonne foi. Que le papier U2 (autrefois E303) ne suffisait pas…
L’ex jeune diplômée est devenue une vieille précaire. Une bientôt quarantenaire au RSA vivant chez sa mère et sa petite retraite dans une petite chambre dans une petite ville. Elle attend de savoir ce que va faire le pole emploi. Elle cherche du travail tous les jours.
Rester forte, malgré tout.

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