Précaire around the world

Posted on 1 décembre 2011 par

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Daft punk style chez Eva

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On a beau être précaire, on en demeure pas moins des êtres pourvus d’envies et de désirs (qu’on se rassure, ceci n’est pas un article pornographique). Manger, faire les boutiques, aller boire un verre et, bien sûr, voyager font partie de nos projets à plus ou moins court terme. Et c’est là qu’intervient le gros bénéfice de notre situation : quand on est précaire, pas besoin de billet d’avion, on expérimente tous les jours un nouveau mode de vie. Et gratuitement, en plus. La preuve (attention, gros clichés inside) :

 

–       On vit au rythme espagnol : lever à 10h, repas à 14h, sieste à 16h, dîner à 22h et coucher à 5h du matin.

–       On mange à l’anglaise : à force de faire les fonds de placard, on se retrouve parfois à créer des mets insolites à base de riz, beurre, farine, épinards et Knacki balls (toute ressemblance avec le porridge ne serait que fortuite).

–       On traîne jusqu’à 35 ans dans les jupons de la Mamaaaa, comme tout bon Italien qui se respecte.

–       Après plusieurs mois de précarité, notre style vestimentaire se rapproche étrangement de celui des Kosovars qui habitent dans le camp d’à côté.

–       Quitte à cumuler 4 emplois, on accepte le moindre petit boulot qui se présente à nous, ce qui, certaines semaines, nous rend hyper concurrentiel avec la cadence de travail des Chinois.

–       Comme les Américains, on passe notre temps à serrer des mains, faire des sourires forcés et taper dans le dos des inconnus, histoire de se constituer un réseau qui un jour pourrait nous servir.

–       Notre compte en banque ressemble à s’y méprendre à celui de la Grèce.

–       On devient bouddhiste tibétain : le matériel nous importe peu, seul compte le salut de notre âme. Notre appartement est d’ailleurs de plus en plus feng shui (comprendre « vide »).

–       Comme nos amis Russes, on noie notre désespoir dans des shoots de vodka.

–       Quand on regarde les infos, on fait notre printemps arabe, seul face à la télé.

–       On en vient à envier certains pays d’Afrique : nous aussi, on aimerait bien qu’une association nous envoie du riz.

–       Comme les Péruviens, on devient expert dans l’art du pipeau, en racontant à qui veut l’entendre qu’on a jamais été aussi épanoui(e) que depuis qu’on a à nouveau le temps de regarder l’émission de Jean-Luc Delarue à 14h.

–       On passe nos journées à râler contre la hausse des prix, le manque de solidarité, le retard de la CAF ou la voisine qui passe l’aspi à 11h du matin. Pas de doute, on est bien français.

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