T’as toujours réseau…

Posted on 24 novembre 2011 par

10


"j'essaie de pêcher au CV, hé bé ça mord pas vraiment"

Décidément, sacrez moi reine du titre du post, ce serait amplement mérité.

Je me rappelle de mes cours de français en seconde, ou on m’avait expliqué que pour commencer une dissertation, on pouvait balancer une généralité, un truc banal, connu de tout le monde, et bâtir son argumentation là dessus. Cette technique étant d’une efficacité redoutable, je l’applique régulièrement, et cet article ne fera pas exception, la preuve.

Trouver du travail, c’est vachement difficile aujourd’hui. Voilà une généralité bien pesée.

Ce qui est moins général par contre, c’est de réaliser que trouver du travail, ce n’est plus uniquement une question de compétences, de formations, d’expériences, ou de talent. Les témoignages que vous pouvez lire ici sont assez nombreux pour le rappeler. On peut être surdiplômé et ne pas trouver d’employeur. On peut avoir un CV long comme un jour sans pain et plein comme un oeuf et ne faire aucune touche. On peut être dynamique, efficace, motivé, réactif, créatif, responsable, rigoureux, ou n’importe quoi d’autre et faire chou blanc. On peut revoir ses ambitions, à la hausse mais plus souvent à la baisse et rester désespérément bredouille. 

Finalement, le marché de l’emploi n’a pas grand chose à voir avec nous, qui pourtant suons sang et eau pour grapiller trois pauvres miettes. Tout est affaire de savantes tractations économico-sociales dont nous sommes totalement exclus, nous autre pauvres candidats-mendiants. Mais enfin bon, j’ai l’impressin que c’est un peu le principe de notre société, de faire des tractations savantes sur le dos des citoyens sans même les consulter afin que ça leur retombe sur la gueule au moindre problème…

Pourtant, du travail, il y en a. Même aujourd’hui. J’en connais qui ont pu signer des CDI grassement rémunérés, même en période de crise. Et des peut être pas meilleurs que nous…

La question qui nous taraude alors, celle qui nous brûle les lèvres, c’est celle-ci: “mais comment font-ils?”. La réponse tient en un seul mot: RESEAU.

Parce que oui, n’en déplaise aux membre de notre gouvernement qui ne perdent pas une occasion de nous traiter de grosses feignasses, trouver un emploi aujourd’hui, ce n’est plus une affaire d’annonces, de lettres de motivations et de CV. Le pôle emploi n’a absolument plus rien à voir là dedans. Pas plus que les Monster, Keljob ou autre Profilculture. Ce temps là, celui ou on épluchait les petites annonces avant de les sélectionner et d’y répondre est révolu. Sur quoi je base cet amer constat? Tout simplement sur l’onglet messages envoyés de ma boite mail. Une ribambelle de mails intitulés “réponse à l’offre n° tant” avec lettre de motivation et CV personnalisés en fonction de la structure. 98% de ces messages sont restés sans réponses. Et des 2% restants, certains sont retombés comme des soufflés, d’autre ont débouché sur des entretiens. Mais aucun, absolument aucun n’a fini sur un emploi. Ce n’est pas la peine non plus de compter sur les candidatures spontanées. Le résultat est sensiblement le même. La meilleure réponse que l’on puisse avoir, c’est “nous concevrons votre candidature dans notre vivier de cvs, qui vu la conjoncture actuelle commence à ressembler à un élevage de poulets de batterie”. Encore une fois, cette étude se base sur le contenu de ma boite mail. Evidemment, tout cela n’est pas sans conséquence. En effet, l’employeur qui poste une annonce attend probablement le meilleur candidat possible. Or, on le sait, le meilleur candidat, c’est nous, alors on postule. Et quand on a pas de réponse, c’est qu’on ne doit pas être tant le meilleur que ça finalement. Et quand en une seule année tu as répondu à plusieurs centaines de ces offres et que le résultat est toujours le même, l’égo finit par le ressentir.

Alors la solution pour s’en sortir, c’est quoi? Facile. Le réseau. C’est même la seule solution qui fonctionne. Là encore, je base mes conclusions sur mon expérience personnelle: en effet, quels que soient les jobs que j’ai pu exercer dans ma courte vie, je les ai tous trouvés grâce à mon réseau. Un prof de fac avec qui je m’entend bien me met en relation avec une association qui cherche une stagiaire sans passer par la case candidature. Le copain qui travaille dans une grosse boite qui a besoin de recruter quelqu’un et qui fait en sorte de placer le CV en haut de la pile. Le mec de la copine qui cherche une serveuse pour son restau. La copine qui bosse dans une autre très grosse boite, au service RH et qui me rencarde dès qu’ils envisagent de recruter quelqu’un en me donnant le contact direct des personnes à appeler en priorité. La responsable que j’ai rencontré dans des circonstances non professionnelles et que je recontacte après avec une idée précise en tête. Dans toute ma carrière, il n’a jamais été question du schémas classique annonce-candidature-entretien. Et ça c’est pervers.

Effectivement, il n’y a qu’une seule façon de se créer et d’animer son réseau. En sortant, en rencontrant, en discutant, et en échangeant. Si possible dans le secteur professionnel. On trouve rarement un job en se pintant à la bière dans un sordide pub, ou en restant chez soi à éplucher le site du pôle emploi parce qu’on a pas les moyens financiers de faire autre chose. Sinon, on pet toujours profiter du réseau de papa et maman, mais ça c’est carrément sale et injuste, puisque ça implique d’avoir des parents avec une grande valeur économique.

Heureusement, internet est là. Et avec lui les réseaux sociaux type Linkedn ou Viadeo. Moyen efficace et gratuit de se créer un réseau virtuel. Enfin, normalement. Parce que personnellement, et arrêtez moi si je me trompe, je ne connais personne qui ait été recruté ou même approché par ce biais là. De mon point de vue, Viadeo, c’est le copain d’avant version adulte. On y retrouve de vielles connaissances qu’on aurait préféré oublier, et on ne peut s’empêcher de jeter un oeil critique sur le CV. Et la plupart du temps, quand on est en situation de précarité, et que donc du point de vue de certains membre de notre gouvernement en échec social et humain, ça donne juste envie de ravaler son propre vomi avant de se rouler en boule dans un coin de la pièce et espérant que la mort vienne nous chercher. Super le réseau.

Alors voilà, dans un pays basé sur la notion d’égalité de droits, ou l’image du travailleur est glorifiée à l’instar de celle du branleur qui dépend des aides sociales, quand la conjoncture actuelle fait qu’il y a du travail à la pelle, mais que l’emploi qui va avec semble bien caché, comment fait-on, nous, qui n’avons pas accès à la même égalité que les autres pour enfin sortir de la case parasite si nos qualités humaines et les compétences qu’on  su se construire ne suffisent pas?

 

Question ouverte…

Posted in: opinions