Les petits matins qui chantent et ceux qui déchantent…

Posted on 14 octobre 2011 par

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Au bout d’un an d’activité en freelance sous le statut d’auto-entrepreneur, tout allait plus ou moins bien. J’arrivais à vivre de mon métier, je payais mes impôts, mes taxes et j’étais plutôt fière d’avoir réussi ce pari quelque peu osé de me lancer toute seule.


J’avais réussi à enchaîner des missions les unes après les autres, certaines sur six mois, ce qui permettait de voir venir . J’avais fait beaucoup de devis, qui souvent n’ont pas abouti, mais c’est le jeu ma Pov’ Lucette comme on dit.

J’ai un peu galéré pendant l’été 2010, mais là aussi, c’était normal. En période estivale, l’activité est déjà bien réduite dans les entreprises et les agences, alors pour le freelance, c’est encore plus difficile. Pas grave, j’en ai profité pour emmener mes enfants en Italie, leur offrir de jolies vacances et du temps passé avec elle. Finalement, c’était vraiment chouette ce télétravail.

A la rentrée, j’avais une mission de trois mois qui se finissait en décembre et j’étais en négociation pour un autre contrat qui débuterait en novembre sans date de fin… Voilà une perspective qui me semblait plutôt rassurante : j’avais du boulot.

 

J’ai donc commencé pour ce fameux client en novembre, travaillant d’arrache-pied sur les recommandations d’une stratégie de communication online. Il y avait tout à faire, d’autant que le client n’y connaissait rien en web 2.0. Il avait pris également une graphiste freelance qui lui faisait tous ses visuels et avec laquelle je travaillais étroitement pour obtenir un résultat optimal.

En décembre, j’ai lancé ma stratégie. Ça marchait bien, ça prenait bien, j’étais contente car en partant de zéro, c’est toujours difficile. J’avais bien reçu mon chèque de novembre, mais en cette fin d’année 2010, un problème de comptabilité s’est produit et je n’ai pu toucher mon paiement. D’un naturel confiant, quand on m’a assuré que je recevrai celui-ci très prochainement, j’ai continué à travailler, en bon petit soldat.

En janvier, je continue de faire mon job, je facture en précisant que j’attends toujours mon paiement de décembre et là, c’est le drame. Mon interlocuteur me dit que j’ai trop facturé. Trop quoi ?

J’ai bossé selon les conditions que nous avions établi au préalable, j’ai fait les heures que nous avions calculé. J’ai donc facturé le travail réalisé. Et attention, là, on entre dans le grand n’importe quoi, la quatrième dimension !

 

Mon interlocuteur me sort la phrase qui m’a fait faire trois tours dans mon slip : « Non mais le travail que je vois en ligne, ça fait pas le nombre d’heures que  vous facturez. Ça fait bien moins, ça vaut à peine la moitié, mais certainement pas le nombre indiqué sur la facture ! »

Pardon ? Qu’ouïs-je ? Qu’entends-je ?

Mais Ducon, les deux articles de blogs et la mise en ligne des réseaux sociaux, ce n’est que la partie immergée de l’iceberg. Le recrutements des membres, le travail de recherche, les prises de contacts, tu le vois pas ça en ligne, connard. Et pourtant, j’y ai passé du temps, et même plus que sur la facture, parce que je suis comme ça moi, je suis une passionnée.

S’ensuit un dialogue de sourd où le type ne fait aucun effort de compréhension et où il décrète qu’il ne paiera que la moitié de ma facture. Je tente de me battre en lui prouvant ma bonne foi, en lui envoyant mes mails de prise de contact, mes recherches, etc… bref, tout document de travail prouvant que j’ai bel et bien réalisé les heures que j’ai déclaré. Rien n’y fait.

Je ne sais pas encore que j’ai en face de moi un margoulin de première.

Car quand je lui demande où en est mon paiement de décembre, il me dit que ça devrait être fait. Oui, et donc, comme ça ne l’est pas, je l’ai quand pour de vrai ? Et là, il bafouille des prétextes plus ou moins fallacieux et fini par me dire que je ne serai pas payée vu que je fais ma forte tête pour l’autre facture, celle où nous ne sommes pas d’accord pour les heures. Quoi ? Il retient en otage un salaire sous prétexte que nous ne sommes pas d’accord sur une facture ? Je me suis crue en plein rêve, ou plutôt au milieu d’un affreux cauchemar.

 

Coup de fil sur coup de fil, le mec ne lâche rien et se réfugie derrières des excuses à la con. Il me doit juste deux mois de paiement, « une somme dérisoire » selon lui qu’il ne comprend pas pourquoi je le fais chier avec ça (sic). En attendant, j’ai des factures à payer et des gosses à nourrir. Il s’en fout, il se marre même quand je le menace de le dénoncer à la Répression des Fraudes et d’intenter une procédure juridique contre lui afin d’obtenir mes paiements.

C’est mal me connaître. Parce que je suis du genre à ne pas lâcher l’affaire.

 

Mais les emmerdes ne faisaient que commencer…