Sur le papier, c’était une bonne idée…

Posted on 13 octobre 2011 par

14


Il y a deux ans, quand j’ai décidé de me lancer dans l’aventure du freelance, sur le papier, c’était une bonne idée…


L’entreprise dans laquelle je bossais dégraissait le mammouth, les licenciements économiques allaient bon train, j’ai profité de la charrette pour essayer la voie de l’entreprenariat. J’ai créé mon auto-entreprise en Décembre 2010.

 

Sur le papier, c’était une bonne idée. Le statut de freelance me permettait de travailler à mon rythme, de gérer mes horaires en fonction de ma famille, de conserver mon rôle de maman et travailler en même temps, sans que cela pose le moindre problème en terme de mode de garde ou lors de maladie infantile, sans compte à rendre à un quelconque patron bouché à l’émeri ou de perte de salaire en cas d’absence.

Sur le papier, c’était une bonne idée de pouvoir proposer mes services et mon expertise dans mon domaine de compétences, conseiller les entreprises et les marques dans un secteur en plein essor, leur apporter mon aide pour développer leur communication sur le net, pallier leur méconnaissance de ce milieu. Je pouvais enfin bosser dans ce qui me plait.

 

Sur le papier, c’était beau, on aurait dit du veau.

Deux ans plus tard, c’est l’heure du bilan.

 

Freelance, c’est être précaire. C’est ne pas savoir de quoi demain sera fait, c’est se demander si ce mois-ci on aura un contrat, c’est attendre le paiement de ces contrats, c’est aussi ne pas être payée par les clients pour ces fameux contrats.

Freelance, c’est un peu comme intermittent du spectacle. Tu cotises, tu verses des taxes et des impôts, mais quand tu n’as pas de boulot, tu n’as rien, Pas de d’indemnités de précarité, pas d’indemnités chômage, pas un rond, pas un centime. Rien. Et quand tu es freelance, des contrats, il n’y en a pas systématiquement.

J’ai aussi découvert que la situation géographique du freelance pouvait tout changer quant à sa capacité à décrocher des contrats.

 

Quand j’ai créé ma structure, je pensais que le télétravail était la solution miracle pour concilier vie de famille et travail. Je n’imaginais pas que la France avait autant de mal à pratiquer ce genre de procédé. Je me suis heurtée à un grand nombre de refus, motivés par une seule explication : « Comment fait-on pour vérifier que vous travaillez bien ? »

Bonjour confiance ! Nous sommes au pays de la surveillance et de l’espionnage.

Beaucoup de contrats demandent à ce que le freelance vienne sur place, à l’agence, qu’il bosse dans les locaux, qu’on puisse voir ce qu’il fait, vérifier son travail, le fliquer en somme.

Je préfère encore quand une agence justifie le besoin d’avoir le freelance à demeure pour le travail en équipe, le besoin d’assister aux (trop) nombreuses réunions, la nécessité de rencontrer le client régulièrement, etc… Tout, sauf le fliquage. Cette méthode donne juste l’impression d’être des enfants de maternelle, c’est humiliant. Mais rabaisser est un concept tellement pratiqué dans le monde du travail qu’on ne s’en insurge même plus. C’est entré dans les moeurs…

Bref, la difficulté du freelance a commencé pour moi par ma situation géographique « handicapante ». Même à trois heures de train de la Capitale, je ne pouvais pas obtenir certains contrats, j’ai eu beau proposer de travailler un ou deux jours par semaine sur place et le reste de chez moi, rien n’y a fait, il fallait qu’on puisse me « contrôler ». Et je ne m’étais pas collée en freelance pour cela… Mais j’ai fait fi comme on dit, et j’ai réussi à décrocher des contrats, souvent directement avec le client, sans passer par une agence.

 

La première année, on peut dire que tout s’est plutôt bien passé. Les contrats ne pleuvaient pas, mais ils étaient réguliers, s’enchaînaient les uns derrières les autres. Je n’ai pas gagné de sommes astronomiques, mais j’avais un revenu et je m’en sortais. De contrat en contrat, je prenais de l’assurance, j’étais heureuse de pouvoir tout concilier, mes enfants, mon mari, mon travail, même des vacances…

 

Et puis, les ennuis ont commencé…